L'événement parallèle CMAE-12, 2008

L’engagement des parties prenantes dans la mise en œuvre de l’initiative environnementale du NEPAD:

Identifier les opportunités pour la recherche et le développement de capacités 

Un événement parallèle UNITAR/PNUE au CMAE-12
Johannesburg, 11 juin 2008
 
Cet événement parallèle a été organisé en marge de la 12ème Session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE-12) afin de discuter des expériences acquises par les gouvernements, la société civile et les entreprises, lors de l’exploration de nouvelles façons de collaborer pour atteindre les buts environnementaux poursuivis par la CMAE. Réunissant plus de 50 participants venant de délégations gouvernementales et de groupes non gouvernementales, l’événement parallèle a compris les présentations de 7 intervenants originaires de différents pays, milieux et groupes de parties prenantes, avec le but de partager les expériences acquises dans l’engagement des parties prenantes dans la gouvernance environnementale.
 
Les intervenants ont identifié des opportunités pour le partage de connaissances et le développement de capacités. Une reconnaissance commune des avantages des processus participatifs a été constatée; cependant ces processus ne sont pas sans coûts, car parfois ils peuvent être exigeants en termes de ressources et de temps. Les suggestions clés découlant de cet événement parallèle étaient le besoin d'améliorer les capacités, afin de renforcer les moyens des représentants gouvernementaux et des parties prenantes (c.-à-d. les ONG, les communautés locales, etc.) en amont de la conception et de l’engagement dans les processus de participation publiques. Une autre suggestion a été que l’évaluation des leçons apprises lors des processus participatifs antérieurs amènerait les pays à renforcer les approches dans les engagements futurs. Pendant l’événement parallèle, l’UNITAR a annoncé son soutien à trois pays Africains concernant des Projets pilotes de Profils nationaux et de Plans d’actions concernant la mise en œuvre du Principe 10.
 
Les interventions ont été suivies par une discussion interactive. Une synthèse des remarques des intervenants et de la discussion suivante est présentée ci-dessous:
  
Préliminaire
 

 G-D: Gustavo Mañez i Gomis, UNITAR; Merle Sowman, Université du Cap; Zaheer Fakir (Afrique du Sud); Berhanu Solomon Genet (Éthiopie); Mohamed Hamouda (Libye); Mary Fosi Mbantenkhu (Cameroun); and Hany Shalaby, Banque africaine de développement.

  • David Ombisi, Responsable de Projet, Bureau Régional pour l’Afrique du PNUE
M. Ombisi a ouvert l’événement parallèle en indiquant l’importance de l’engagement des parties prenantes dans la mise en œuvre de l’Initiative environnemental NEPAD. Il s’est référé aux Projets pilotes de Plans d’action nationaux récemment complétés, et a noté que trois des cinq pays ayant développé leurs Plans d’action figuraient parmi les intervenants (l’Éthiopie, la Libye et le Cameroun).
  • Gustavo Mañez Gomis, Associé de Formation et Responsable de Projet, UNITAR
M. Mañez Gomis a exprimé qu’une approche homogène dans l’engagement des parties prenantes n'est pas appropriée, compte tenu des divers contextes nationaux sociopolitiques et culturels. Il a suggéré que la génération de connaissances et l’échange d’expériences, plutôt que l'utilisation d’approches prescriptives, pourraient constituer une manière appropriée d'améliorer le développement de capacités.
 
Discussions et déclarations des intervenants
  • Zaheer Fakir, Directeur en Chef : Gouvernance et relations internationale, Département des affaires environnementales et du tourisme, Afrique du Sud (le modérateur)
M. Fakir a déclaré que la gestion environnementale est un enjeu qui ne concerne pas uniquement le gouvernement; c'est plutôt un effort qui nécessite la participation active de toutes les parties prenantes concernées. Il a indiqué que cet événement parallèle fournirait une opportunité pour discuter des méthodes possibles d'engager les parties prenantes sur le continent Africain.
  • Berhanu Solomon, Coordinateur de projet du, Autorité de protection environnementale, Éthiopie
Lors du développement du Plan d'action national pour la mise en œuvre de l'Initiative sur l'environnement, l'Éthiopie a impliqué un large éventail de parties prenantes, avec comme résultat une définition participative des priorités du pays. Ceci a permis aux parties prenantes de s'approprier l'Initiative environnementale. Les expériences acquises ces dernières années par l'Autorité de protection environnementale (Environmental Protection Authority (EPA)), soulignent l'importance cruciale d'impliquer les parties prenantes dans les prises de décisions environnementales. Cependant, lors de la mise en œuvre du processus participatif, les manquements de capacités techniques et financières du gouvernement présente un défi.
  • Dr. Mohamed Salem Hamouda, Conseiller technique, Autorité général environnementale, Lybie, Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (Lybie).
Le Dr. Hamouda a déclaré que la collaboration étroite de divers ministères, organes gouvernementaux, ONG, et institutions du commerce et de la recherche, était un pré-requis pour réussir le développement du Plan d'action national de la Libye. De bons canaux de communication entre le gouvernement et les parties prenantes, et une planification coopérative, sont des aspects clés qui doivent être pris en compte afin d'assurer un engagement efficace des parties prenantes. Il a identifié la création de capacités dans la conception et la mise en œuvre efficace de ces partenariats, comme étant le domaine qui nécessitera plus d’efforts en Libye. 
  • Mary Fosi Mbantenkhu, Conseillère technique, Ministère de l’environnement et la protection de la nature, Cameroun
Mme Fosi Mbantenkhu a exprimé que, dans le développement du Plan d'action national sur l'Initiative environnementale du Cameroun, un processus national impliquant les parties prenantes a été mis en place pour identifier les actions prioritaires et en assurer le suivie. Grâce à cette implication précoce, les parties prenantes se sont approprié le processus, en permettant d'identifier d'autres acteurs clés jusqu'alors oubliés dans le processus. Les coûts élevés et la durée été mentionnés comme inconvénients du processus consultatif. Mme Mbantenkhu a reconnu qu'un processus participatif peut prendre du temps; en outre, une création préalable de capacités est nécessaire, car certaines parties prenantes sont mal informées sur la totalité des enjeux impliqués.
  • Hany Shalaby, Environnementaliste Principal, Banque Africaine de Développement (BAD)
M. Shalaby a indiqué que dans certains cas, la participation, ou son absence, peuvent être déterminant pour le succès ou l'échec de projets. Les processus participatifs amènent avec eux de nouvelles perspectives, et enrichissent le résultat final; et s'il est bien entrepris, le processus de participation publique peut contribuer dans une large mesure à la mise en œuvre du résultat décisionnel final.
  • Augustine B. Njamnshi, Programme de développement et de conservation des ressources biologique, Cameroun
M. Njamnshi a coordonné l’Initiative d’accès (The Access Initiative (TAI)) au Cameroun, ce projet promu par une coalition globale d'ONG pour évaluer et identifier les contraintes clés dans la mise en œuvre du Principe 10. Cette expérience a préparé le terrain pour la coordination ultérieure du gouvernement avec les ONG dans le développement du Plan d'action national sur l'Initiative environnementale. Il a indiqué qu'il est nécessaire de créer des capacités dans le public, les ONG et dans les communautés locales, afin d’obtenir une meilleure participation dans les processus décisionnels. Le public a besoin d'être formé pour "poser les bonnes questions" afin d'avoir plus d'impact.
  • Prof. Merle Sowman, Directeur, Unité d’évaluation environnementale, Université du Cap (UCT)
L'UCT en collaboration avec l'UNITAR a développé et testé une méthodologie qui permet de tirer les leçons apprises de la participation des parties prenantes dans les prises de décisions environnementales, ce au moyen d'un processus de recherche participatif. Cette recherche a révélé que la participation publique est bien enracinée dans le programme environnemental de l'Afrique du Sud. Les conclusions clés était que le public voulait être impliqué plus en amont, et de façon significative, que les résultats des décisions ont plus de chance d'être acceptés par tous si un processus de participation publique robuste a eu lieu, et que des efforts plus importants sont nécessaires pour assurer une participation significative des groupes désavantagés et marginalisés par le passé. Enfin, la recherche a identifié des opportunités pour renforcer les compétences démontrées des représentants du gouvernement, concernant les processus et les méthodes de la participation du public. La méthodologie de recherche développée à travers le projet est maintenant utilisée dans d'autres pays. 
 
Discussion
 
Suite aux discours des intervenants, le public a soulevé un nombre de questions et d'enjeux à débattre. Un sommaire des aspects clés soulevés est présenté ci-dessous:
  • Comment la participation publique des communautés locales peut-elle fonctionner de façon efficace dans le contexte des besoins forts de développement et de la pauvreté existants dans le continent Africain?
  • Comment la participation publique peut-elle être efficace quand les communautés et les groupes locaux manquent de connaissances techniques concernant les enjeux?
  • L'expérience dans le domaine de la conservation démontre que, lorsque les processus participatifs sont entrepris avec les communautés locales, la conservation et la réduction de la pauvreté sont des thèmes identifiés par les communautés locales. Ceci suggère que des approches et des solutions utiles peuvent provenir des communautés locales si elles peuvent y participer.
  • La nécessité d'entreprendre des activités de création de capacités avec les communautés et les groupes locaux avant que le processus participatif ait lieu, afin de leur permettre d'y participer de façon plus efficace.
  • Dans certains cas, les communautés locales invitées à participer dans le processus décisionnel n'ajoutent que peu de valeur. Certains participants sont présents dans les réunions et les ateliers uniquement pour manger et boire. Tandis que la participation devrait être large et inclusive, il est également important de bien cibler les bons participants afin que le processus soit bénéfique.
  • L'importance d'adapter les documents et les informations fournis lors du processus participatif aux capacités des groupes et des communautés locales (par ex., la traduction dans des langues locales, le développement de synthèses de documents compréhensibles par les communautés locales, l'utilisation d'un langage simple, etc.)