Anciens directeurs généraux de l'UNITAR

Il est frappant de constater que depuis sa création, l’UNITAR a été dirigé par des personnalités exceptionnelles originaires d’Afrique de l’ouest, à l’exception de M. Marcel A. Boisard, pourtant doté d’une solide expérience professionnelle sur le continent africain et au Moyen Orient. La création de l’UNITAR, qui a suivie une vague spectaculaire de décolonisation, et les objectifs attribués à l’Institut expliquent, en grande partie, le fait que les premiers quatre Directeurs généraux étaient des Africains.

A l’époque où ils prenaient les rênes de l’UNITAR, ils avaient tous accumulé une remarquable expérience en assurant des fonctions importantes dans leurs pays respectifs durant la transition menant de l’époque coloniale à l’indépendance. La reconnaissance du besoin impérieux de nouvelles structures d’organisation politique, économique et sociale ont conduit ces personnalités à naturellement soutenir les objectifs de l’Institut C’est-à-dire l’accompagnement des pays émergents et de leurs décideurs, dans leur compréhension des Nations Unies comme un instrument de progrès au sein d’un cadre international devenu de plus en plus complexe. Le développement des compétences locales pour une administration plus efficace des affaires nationales et une représentation diplomatique moderne, a alors été considéré comme le moyen le plus sûr d’assurer un avenir prospère à ces nouveaux Etats.

La vaste expérience des Directeurs généraux de l’UNITAR et leurs connaissances approfondies des défis auxquels faisaient face les pays récemment indépendants, ont joué un rôle décisif dans la pertinence et la qualité des travaux de l’Institut. En plus de leur expérience dans le domaine de la diplomatie et leur activisme politique – en particulier caractérisé par une forte opposition au colonialisme – ils se sont souvent démarqués par leurs contributions théoriques notables, à travers la recherche académique ou l’enseignement. Certains ont également compté des talents littéraires ou journalistiques tout à fait exceptionnels.

Mr. Marcel André Boisard (Suisse)

1992 - 2007

Marcel A. Boisard a occupé le poste de Directeur général de l'UNITAR de mars 1992 à février 2007. Le 1er août 2001, le Secrétaire général l’a nommé Sous-Secrétaire général des Nations Unies. Marcel A. Boisard a débuté à l’Institut, en juin 1980, comme attaché de recherche et, de 1983 jusqu’en 1992, il a occupé le poste de Directeur du Bureau européen. Il est actuellement consultant international indépendant.

Lors de son entrée au service de l'Institut, M. Boisard possédait déjà une vaste expérience internationale, ayant conduit plusieurs activités dont des missions diplomatiques et humanitaires et des travaux pédagogiques dans le cadre d’institutions académiques, en qualité d’enseignant et chercheur.

Il commença sa carrière internationale au début des années 1960, en tant que délégué du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Il servit ensuite comme fonctionnaire à la Direction de la Coopération technique au Département Politique fédéral (Ministère suisse des Affaires étrangères) , puis comme conseiller économique du gouvernement du Burundi, en particulier pour participer aux négociations dans le cadre du Traité de Yaoundé. Il fut élu Président des experts africains (de mai 1966 à avril 1967) et participa à de nombreuses réunions.

En tant que délégué du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), il a servi exclusivement sur le terrain et pendant des conflits armés (Algérie, Yémen, République Arabe d'Egypte, Syrie, Jordanie et Arabie Saoudite). Il a été appelé à conduire plusieurs négociations de haut niveau et à représenter le CICR dans des réunions multilatérales. Il fut concrètement l'un des responsables de la mise en œuvre des Conventions de Genève au cours de différents conflits au Moyen-Orient. Il fut souvent appelé à traverser les lignes de front entre belligérants, négocia et arrangea des cessez-le-feu et des trêves humanitaires.

D'octobre 1975 à juin 1980, il fut chargé d'enseignement à l'Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales, à Genève. Mis à part l’enseignement, ses responsabilités incluaient notamment la conduite d'un important programme de recherche, financé par la Fondation Ford, qui touchait à la 'Troisième Corbeille' de l'Acte final d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe (droits de l'homme, liberté de mouvements, d'information, de croyances).

M. Boisard fut l’un des fondateurs et le Secrétaire général de l'Organisation culturelle internationale appelée 'Islam et Occident'. Pendant cette période académique, il a passablement publié : plus de 30 titres (livres et articles) traitant des relations interculturelles mondiales, des mondes musulmans et arabes, des négociations multilatérales et des organisations intergouvernementales.

Né à Genève et citoyen suisse, Marcel A. Boisard a poursuivi ses études en Suisse (Genève), en Allemagne (Hambourg) et aux Etats-Unis d'Amérique (Connecticut). Il est titulaire d’un Doctorat de l'Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales, à Genève.

Mr. Michel Doo-Kingué (Cameroun)

1983 - 1992

Né au Cameroun, Michel Doo-Kingué a dévoué une bonne partie de sa vie aux Nations Unies et à la promotion de la démocratie et du développement dans les pays du sud et, plus précisément, en Afrique.

Il commença sa carrière à l’UNESCO en tant que dirigeant du Département Afrique, en 1963. Puis, il devint le Directeur de la Division des Relations avec les Organisations Internationales et les Programmes, au sein de l’UNESCO. Il exerça les fonctions de Conseiller principal aux affaires africaines auprès du Directeur général de l’UNESCO, de novembre 1963 à janvier 1969.

En 1971, il fût nommé premier Directeur du Bureau Régional pour l’Afrique au PNUD où il était chargé de la planification, des finances et de la gestion de toutes les activités du PNUD en Afrique.

En 1983, Michel Doo-Kingué a été nommé Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Directeur général de l’UNITAR. Il prit en charge l’Institut durant une période de restructuration et se maintint à la tête de l’Institut jusqu’en 1992. En 1991, il se porta candidat pour le poste de Secrétaire Général des Nations Unies.

Michel Doo-Kingué a publié de nombreuses œuvres, dont la plus connue est intitulée Quelle démocratie en Afrique ?, un essai qui parut en 1999 en français.

Dr. Davidson Nicol (Sierra Leone)

1972 - 1982

Davidson Sylvester Hector Willoughby Nicol, une personnalité aux multiples facettes, a apporté une contribution remarquée dans plusieurs domaines, notamment la diplomatie, le secteur médical, l’enseignement, la recherche et la littérature.

Né en Sierra Léone, il étudia la médecine à Cambridge et à L’Université de Londres. Plus tard, il enseigna la médecine en Grande-Bretagne et au Nigéria et fit des recherches médicales, notamment en ce qui concerne la structure de l’insuline. Il fût aussi Vice-Chancelier de l’Université de Sierra Léone.

De 1969 à 1971, il exerça les fonctions de Représentant Permanent de la Sierra Léone auprès des Nations Unies. Il dirigea aussi le Comité des Nations Unies sur la décolonisation et fût Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies durant la crise des prises d’otages, en 1970. Par la suite, il représenta aussi son pays en tant que Haut Commissionnaire à Londres, et comme Ambassadeur en Norvège, en Suède et au Danemark.

En 1972, il fût nommé Secrétaire général adjoint et Directeur général de l’UNITAR où il occupa ce poste jusqu’en 1982. De 1983 jusqu’en 1987, il fût Président de la Fédération Mondiale des Associations des Nations Unies. Davidson Nicol a publié de nombreuses œuvres sur l’Afrique et les Nations Unies. Il a aussi écrit des histoires et des poèmes sous le nom d’Abioseh Nicol.

Chief S. O. Adebo (Nigéria)

1969 - 1972

M. Simeon Olaosebikan Adebo (1914-1994) a été nommé Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Directeur général de l’UNITAR en 1969. Il dirigea l’Institut jusqu’en 1972. Né au Nigéria occidental, il est devenu un Okanlomo (Chef) du peuple Yoruba. Après l’obtention d’un diplôme en Droit de l’Université de Londres, et après avoir été admis au barreau des avocats, il continua sa carrière au Ministère nigérian des Finances et du Trésor et, en 1961, devint chef de la Fonction Publique et Secrétaire en chef du gouvernement nigérian occidental. En 1962, M. Adebo se rendit à New York pour représenter son pays auprès des Nations Unies. Après avoir été Ambassadeur, il accepta, en 1969, le poste de Directeur général de l’UNITAR. En tant que dirigeant et membre de plusieurs associations, il était activement engagé dans une variété d’activités visant la promotion des valeurs démocratiques et d’une plus grande efficacité des politiques de développement. Après être retourné dans son pays d’origine, il dirigea plusieurs entités, notamment des Commission universitaires nationales, ainsi que l’Institut National pour les Politiques et les Etudes Stratégiques. Il fût aussi Premier Chancelier de l’Université Obafemi Awolowo et de l’Université de Lagos, plus tard, pendant huit ans.

Mr. Gabriel d’Arboussier (Sénégal)

1965 - 1967

Gabriel D’Arboussier, né au Soudan dans une famille d’un gouverneur français et d’une descendante d’une famille influente africaine, avait vécu dans plusieurs pays du Pacifique et pays africains qui faisaient partie de l’empire français. Après avoir obtenu une licence en droit en France, il a participé activement à la vie politique du continent africain, en tant que député ainsi qu’au service du gouvernement et en tant que diplomate pendant la période qui suivit l’accession du Sénégal à l’indépendance en 1960.

Elu à la première Assemblée nationale constituante de France aux lendemains de la Deuxième guerre mondiale, il a contribué à l’adoption de plusieurs lois qui visaient l’instauration d’une plus grande égalité des populations indigènes dans les territoires dépendants français. Nommé plus tard vice-président de l’Assemblée de l’Union française, il défendait la nécessité d’accroître les pouvoirs des assemblées territoriales et appuyait les politiques ayant pour but le développement social et économique de ses territoires.

Il a aussi été Secrétaire général du Rassemblement démocratique africain dès sa conception. Au sein de ce mouvement, il prônait la nécessité de réconcilier les tendances autonomistes des territoires dépendants à l’égard de la métropole avec la quête de l’unité fédérale africaine. En 1958, Gabriel D’Arboussier est devenu vice-président et, ensuite, président du Grand Conseil de l’Afrique occidentale française où il continuait de promouvoir la solidarité africaine.

En 1960, il a été nommé Ministre de la Justice d’un Sénégal indépendant et, deux ans plus tard, il est devenu Ambassadeur du Sénégal en France. En 1965, il a été nommé Directeur général de l’UNITAR nouvellement créé. Il a occupé ces fonctions jusqu’en 1967.