CIFAL Jeju organise son premier module de formation sur l’amélioration de la sécurité humaine: « Développer les capacités des gouvernements locaux pour combattre le trafic d’enfants dans la région Asie-Pacifique »


Du 30 mars au 2 avril dernier, CIFAL Jeju a rassemblé, dans la province autonome de Jeju, plus de dix délégations gouvernementales, à l’occasion du premier module d’une série de cours consacrés au développement des capacités des gouvernements locaux en matière de sécurité humaine dans la région Asie-Pacifique. Faisant partie des neuf centres de formation CIFAL pour le développement local du réseau international de l’UNITAR, le mandat de CIFAL Jeju consiste à développer les connaissances et les compétences des gouvernements de la région par rapport au domaine susmentionné.


Sa réputation internationale d’« Île de la paix mondiale » a gagné en importance ; en effet, au cours des dix dernières années, Jeju a servi de cadre à de nombreuses négociations de paix coréennes, à des conférences sur la sécurité et aux forums pour la paix. Véritable symbole de la paix, de la sécurité humaine et de la croissance verte, elle abrite en outre trois sites du patrimoine mondial de l’UNESCO et est candidate aux Sept nouvelles merveilles du monde.


Grâce à des conférences et à des présentations données par d’éminents représentants du milieu académique, des médias sociaux et de l’ONU, CIFAL Jeju a brillamment réussi son premier module, qui visait à renforcer les capacités des délégations du Népal, du Pakistan, du Sri Lanka, de la Mongolie, de l’Indonésie, de Taiwan, du Cambodge, des Philippines et d’autres États dans la lutte contre le trafic d’enfants. La diversité des villes d’origine des participants a fait en sorte que soient représentées tant les zones de provenance des victimes du trafic que celles de transit et de destination.


La gamme de présentations des experts régionaux du Bureau régional Asie orientale et Pacifique, de MTV Exit (la campagne, soutenue par les médias sociaux, visant à « éradiquer l’exploitation et le trafic »), du Projet interorganisations des Nations Unies sur la traite des êtres humains et d’autres institutions a permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur les enjeux communs et les bonnes pratiques applicables inhérents à la lutte contre le trafic d’enfants dans la région, afin de les aider à adapter au mieux leur programme municipal.


L’une des questions clés que se posent de nombreux États de la région est de savoir de quelle manière ils doivent construire une base ou un profil local dans le domaine du développement de l’enfant afin de mieux contrôler les foyers vulnérables ou à risques susceptibles de tomber dans le trafic et de mieux gérer les cas de trafic d’enfants à l’aide de services complémentaires de rétablissement et de réinsertion à l’intention des victimes. Pour de nombreux pays représentés lors de l’événement, le recensement des naissances constitue un défi de taille, en particulier dans les familles les plus démunies, ce qui expose les enfants au trafic et à d’autres formes d’abus.


Investir dans des systèmes de supervision et d’évaluation et dans la recherche afin de connaître la situation des enfants a été souligné comme étant un défi considérable et un objectif futur pour la plupart des États locaux représentés.
Une autre leçon a été tirée de cet évènement : une gestion efficace du trafic d’enfants en Asie doit constituer un point central des approches axées sur les communautés et prendre en compte la sensibilisation de la population, les partenariats hétérogènes et les campagnes d’éducation civique. Les participants ont donc eu la possibilité d’échanger leurs expériences sur la manière dont ils ont établi des partenariats et d’autres services, avec des universités, des ONG locales et d’autres partenaires en vue d’obtenir une approche plus durable et mieux intégrée visant à prendre en charge les victimes ou les enfants qui courent le risque d’en devenir.


En outre, les participants ont convenu que les réglementations et les politiques, qui incluent les législations nationales et internationales dans une approche de gouvernance intégrée à l’attention des gouvernements locaux, sont cruciales pour transformer la culture d’impunité qui rend possible l’existence de ce type de trafic, à peine poursuivi dans de nombreuses communautés de la région. L’ampleur du phénomène souligne la décentralisation des responsabilités et le défi commun de la coordination intergouvernementale entre les niveaux local et national. Dans de nombreux pays, il existe déjà des institutions et organes nationaux chargés du trafic d’êtres humains et de la protection des enfants. Des associations issues des gouvernements locaux sont également engagées dans des initiatives spécifiques dans certains de ces États, comme le Népal.


Tandis que plusieurs solutions et programmes étaient envisagés et que les participants les agrémentaient d’exemples comparatifs pratiques de protection des enfants et d’activités de réintégration des victimes, telles que le modèle « Child Friendly Cities », l’évènement a permis de mettre en avant un enjeu commun : la priorité est de financer la durabilité des services destinés aux enfants dans les différents gouvernements locaux. Tel a été le cas dans la région du delta du Mékong où la pauvreté des ménages est un facteur clé du trafic et déporte, en Thaïlande ou vers d’autres marchés du monde, les mineurs, obligés de travailler ou soumis à une exploitation sexuelle ou à d’autres formes d’exploitation.
Les participants ont aussi formé de petits groupes pour échanger les leçons tirées d’autres villes, à propos de moyens d’obtenir des financements consistants pour des opérations de lutte contre le trafic au niveau municipal. Tel est le cas, par exemple, des villes indonésiennes.


En 2011, CIFAL Jeju continuera d’organiser des cours d’introduction à la sécurité humaine ainsi que des ateliers spécifiques pour développer des programmes sur ce thème au sein des gouvernements locaux de la région Asie-Pacifique.


Plus de plus amples informations, veuillez prendre contact avec www.CIFALJeju.org ou avec le Programme de Développement Local ldp< at >UNITAR.org (veuillez remplacer <at> par @ lorsque vous tapez l’adresse).