Genève, 14 mars 2011. Les conséquences du séisme et du tsunami dévastateurs survenus au Japon ont provoqué, partout dans le monde, une collaboration sans précédent de la part des réseaux sociaux et des communautés d’externalisation ouverte. Des images satellitaires, gracieusement publiées par des entreprises de l’industrie satellitaire au début de la semaine, ont révélé au monde entier l’ampleur des dégâts causés par les vagues du raz-de-marée qui s’est abattu sur la côte est japonaise vendredi 11 mars. Le Japon utilise différents détecteurs satellisés et se charge des travaux techniques nécessaires pour transformer cet important volume de données en informations utiles à l’intention des opérations de sauvetage et de reconstruction. D’un point de vue technique et scientifique, le pays du Soleil-Levant, étant lui-même une puissance spatiale, est parfaitement capable d’utiliser les technologies de cartographie satellitaire.

Pour ce qui est de cette crise, la portée des travaux de cartographie d’urgence qu’effectuent divers organismes en dehors du Japon est certes restreinte, mais ils sont tout de même significatifs en tant que sources d’informations supplémentaires et ajoutent une dimension visuelle non négligeable et accessible au public dans le monde entier.


UNOSAT, le Programme opérationnel pour les applications satellitaires de l’UNITAR, fait partie d’un groupe d’entités spécialisées qui comprend, entre autres, le Centre aérospatial allemand (DLR) et l’Institut asiatique des technologies de Bangkok et qui travaille de concert avec les autorités japonaises et la JAXA, afin d’exploiter au mieux les données générées par l’activation de la Charte internationale Espace et catastrophes majeures et de fournir au Japon des informations décisionnelles. En outre, grâce à un accord particulier entre UNOSAT, le Centre français d’études spatiales (CNES) et l’entreprise ASTRIUM GEO-Information Services, le Programme de l’UNITAR a publié sur OpenStreetMap une série d’images des régions touchées, que des volontaires du monde entier peuvent à présent utiliser pour fournir des informations, si possible utiles, aux secours œuvrant sur le terrain. Cependant, des limitations dans les licences des images commerciales rendent difficile le partage public et l’externalisation ouverte de certaines d’entre elles. Tout en respectant le droit d’auteur et les autres lois, UNOSAT s’est efforcé d’assouplir ces restrictions et espère qu’une nouvelle tendance fera bientôt surface pour favoriser des initiatives appréciables, qui sont désormais possibles grâce aux technologies de l’information et aux ressources de l’Internet.


Comme le dit Monsieur Francesco Pisano, directeur d’UNOSAT, « nous avons effectivement dépassé le stade où ces applications satellitaires étaient des nouvelles de la dernière heure dans le domaine des technologies ; ce sont aujourd’hui des outils qui ont mûri, qui exigent un travail acharné et qui laissent moins de place à l’improvisation et à la légèreté. Dans son ensemble, le secteur des applications satellitaires est en train de s’ouvrir vers de nouveaux horizons empreints de nouvelles initiatives efficaces issues de la société civile. Or, ce phénomène soulève des questions de bon sens et de responsabilité ».


Née de l’idée, lancée par quelques agences spatiales, d’apporter une contribution concrète à l’humanité lors de catastrophes, la Charte internationale Espace et catastrophes majeures est aujourd’hui récompensée par la confirmation qu’elle aide chaque année plusieurs pays à sortir de situations catastrophiques. L’imagerie satellitaire est parfois un atout essentiel pour véhiculer des informations manquantes dans des zones reculées et dans des contextes de crises et de conflits humanitaires extrêmement fluctuants. Monsieur Pisano a d’ailleurs ajouté : « Dans des situations comme celles-ci, nous, experts de ce secteur spécifique, avons tous la responsabilité professionnelle d’établir à quel moment notre travail fait la différence sur le terrain, c’est-à-dire lorsqu’il permet d’observer des survols aériens et d’autres informations en grande quantité, et à quel moment les images satellitaires ne fournissent qu’une simple expérience visuelle au grand public. »

Illustration: Image satellitaire de la région de Sendai, Japon (source : Observatoire de la Terre de la Nasa, États-Unis). Les images prises de l’espace ne sont peut-être pas très utiles sans analyse d’experts, mais elles permettent d’obtenir une représentation visuelle, voire graphique, des événements qui se déroulent sur Terre.