Il peut paraître surprenant de noter que depuis ses débuts, l’UNITAR a été dirigé par des personnalités exceptionnelles de l’Afrique de l’Ouest, à l’exception de M. Marcel A. Boisard qui avait également une expérience très étendue de l’Afrique et du Moyen Orient. La création de l’UNITAR, en marge de la vague de décolonisation, ainsi que les objectifs assignés à l’Institut, expliquent en grande partie le fait que ses directeurs généraux consécutifs aient été d’origine africaine.

Au moment où ils ont pris la direction de l’UNITAR, ils avaient tous déjà une remarquable expérience acquise alors qu’ils accompagnaient leur pays respectif lors de la transition du colonialisme à l’indépendance. Reconnaissant le besoin d’avoir de nouvelles assises politiques, économiques et sociales, ils ont naturellement soutenu les objectifs de l’Institut à aider les pays émergents et leurs représentants officiels à mieux utiliser les Nations Unies pour faire face à un système international de plus en plus complexe. Le développement de capacités, au niveau local, pour la gestion effective des affaires nationales et une représentation diplomatique efficace, était perçus comme le meilleur moyen de façonner l’avenir de ces pays.

La longue expérience des directeurs généraux successifs et leurs connaissances approfondies des défis auxquels font face les nouveaux pays indépendants leur ont permis d’assurer le succès de l’Institut. En plus de leur expérience dans le service diplomatique et leur activisme politique - en particulier une position forte contre le colonialisme– ils se sont tous distingués par leurs contributions théoriques, leurs recherches académiques et leur enseignement . Leurs accomplissements incluent également des contributions littéraires et journalistiques.

Carlos Lopes (Guinea-Bissau)

2007 - 2012

Carlos Lopes was appointed Executive Director of the United Nations Institute for Training and Research (UNITAR) at the level of Assistant Secretary-General on 1st March 2007. In addition, he has been serving as Director of the United Nations System Staff College (UNSSC) since November 2007, the parallel appointment that he received from the Secretary-General, Ban Ki-moon.

Lopes previously served as UN Assistant-Secretary-General and Director for Political Affairs in the Executive Office of the Secretary-General.

Lopes has actively contributed to research on development issues. Specialized in development and strategic planning, he has authored or edited 22 books and taught at Universities and academic institutions in Lisbon, Coimbra, Zurich, Uppsala, Mexico, São Paulo and Rio de Janeiro. He is affiliated with a number of academic networks, and has helped establish various non-governmental organizations and centers for social research, in particular in Africa. In August 2008, Carlos Lopes was elected to the Lisbon Academy of Sciences, Portugal. Lopes currently serves as Member of Governing Boards or advisory and editorial committees of several institutions including United Nations University, Kofi Annan Foundation, UNESCO International Institute for Educational Planning, Bonn International Center for Conversion, Swiss Network for International Studies, ISCTE Lisbon University Institute, Instituto Ethos, Ecôle Polytechnique Fédérale de Lausanne, King Baudouin International Development Prize Selection Committee and journals such as Géopolitique Africaine, African Sociological Review, African Identities, Cooperation South Journal.

Following his service in the public sector of his native Guinea-Bissau in areas of research, diplomacy and planning, Lopes joined the United Nations Development Programme (UNDP), as a development economist in 1988. While at UNDP, he occupied various positions, including Deputy Director at the Office of Evaluation and Strategic Planning, Resident Representative in Zimbabwe, as well as Deputy, and later Director of the New York-based Bureau for Development Policy. Lopes was a member of UNDP’s executive team, in recognition of the role he played in developing UNDP’s decentralized policy advisory services and knowledge networking systems. He also managed UNDP’s global programme, with a portfolio of $1 billion. In June 2003, he became the United Nations Resident Coordinator and UNDP Resident Representative in Brazil, the largest UNDP programme in the world at that time.

Carlos Lopes holds a PhD in history from the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne and a research master from the Geneva Graduate Institute of International and Development Studies. He has also received an Honorary PhD in Social Sciences from the University of Cândido Mendes, Rio de Janeiro, Brazil.


M. Marcel André Boisard (Suisse)

1992 - 2007

M. Marcel A. Boisard fut Directeur Général de l’UNITAR de mars 1992 à février 2007. Dès août 2001, il fut également nommé, comme Assistant du Secrétaire Général des Nations Unies par le Secrétaire Général lui-même. Avant cette position, il était Directeur du bureau Europe de l’UNITAR alors qu’il avait commencé à l’Institut comme associé spécial en juin 1980. Il travaille actuellement comme consultant international.

Au moment où il a rejoint l’UNITAR, M. Boisard avait déjà une longue expérience au niveau international comme membre du corps diplomatique, travaillant pour les missions humanitaires et conduisant des travaux de recherches et enseignant dans ce domaine.

Il commença sa carrière internationale au début des années 60 comme délégué du comité international de la Croix Rouge (CICR). Ensuite, il fut recruté comme conseiller économique par le Département de la coopération technique du ministère des affaires étrangères Suisse, puis par le Gouvernement du Burundi dans le cadre des négociations du traité de Yaoundé. Il fut nommé comme Président des experts africains (de mai 1966 à mai 1967), période pendant laquelle il a participé à plusieurs réunions.

En tant que représentant du CICR, M. Boisard servit exclusivement sur le terrain et pendant les conflits armés (Algérie, Yémen, la République arabe d’ Égypte , Syrie, Arabie Saoudite). Il fut appelé à conduire plusieurs négociations internationales à haut niveau et il représenta le CICR dans des réunions multilatérales. Il était en particulier responsable du suivi de la mise en œuvre de la Convention de Genève dans divers conflits armés au Moyen Orient. Il fut souvent appelé à traverser les lignes de front entre les parties belligérantes pour négocier et obtenir le cessez-le-feu et ouvrir des corridors humanitaires.

D’octobre 1975 à juin 1980, M. Boisard était associé à l’Institut Supérieur d’études internationales à Genève. Il devait alors enseigner et conduire un important programme de recherche et de formation qui concernant le nommé « Third Basket » de l’acte final de Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe (culture, droits humains, liberté de mouvement, d’information et de croyances) financé par la fondation Ford.

Il était parmi les fondateurs et a servi comme secrétaire général de l’association culturelle internationale « l’Islam et l’Ouest ». Durant cette période, M. Boisard a publié plus de 30 titres (livres et articles) traitant principalement des relations interculturelles internationales, le monde arabo-musulman, les négociations multilatérales et les organisations intergouvernementales.

Citoyen Suisse né à Genève, M. Boisard compléta ses études universitaires en Suisse (Genève), en Allemagne (Hamburg) et aux États-Unis (Connecticut). Il a un doctorat de l’Institut Supérieur d’ Étude s internationales à Genève.


M. Michel Doo-Kingué (Cameroun)

1983 - 1992

Né au Cameroun, Michel Doo-Kingué dédia une partie importante de sa vie au Nations Unies et à la promotion de la démocratie et le développement des pays du sud et en particulier en Afrique. Il commença sa carrière à l’UNESCO comme chef du département Afrique en 1963. Ensuite, il fut Directeur de la division des relations avec les organisations internationales et des programmes de l’UNESCO. Il servit comme Conseiller principal du Directeur Général de l’UNESCO pour les affaires africaines de novembre 1963 à janvier 1969.

En 1971, Michel Doo-Kingué fut le premier directeur du bureau régional pour l’Afrique au PNUD. À ce titre , il était responsable des questions de la planification et financement ainsi que la gestion des activités du PNUD en Afrique. En 1983, Michel Doo-Kingué fut nommé Assistant au Secrétaire Général des NU et Directeur Exécutif de l’UNITAR. Il guida l’Institut à travers une période de restructuration et il resta à la tête de l’Institut jusqu’en 1992. En 1991, il était candidat pour le poste de secrétaire général des NU.

Michel Doo-Kingué écrit plusieurs livres. Son ouvrage le plus célèbre est « Quelle démocratie en Afrique?» Il s'agit d'un essai dont la première édition fut publiée en 1999 en français.


Dr. Davidson Nicol (Sierra Leone)

1972 - 1982

Davidson Sylvester Hector Willoughby Nicol porte plusieurs chapeaux et fit des contributions remarquables dans plusieurs domaines tels que la diplomatie, la pratique médicale, l’enseignement, la recherche et la littérature.

Né en Sierra Leone , il étudia la médecine aux université de Cambridge et de Londres . Il enseigna ensuite la médecine en Grande Bretagne et au Nigéria, et entreprit des recherches médicales en particulier sur l’insuline. Il était également vice chancelier de l’université de Sierra Leone.

De 1969 à 1971, il fut représentant permanent des Nations Unies en Sierra Leone . Il présida également le comité des NU sur la décolonisation et président du conseil de sécurité de l’ONU durant la crise des otages de 1970. Suite à ces différentes fonctions, il devint le haut commissaire pour son pays à Londres, et ambassadeur en Norvège, en Suède et au Danemark. En 1972, il fut nommé Secrétaire général adjoint des NU et Directeur général de l’UNITAR et il resta à ce poste jusqu’en 1982. De 1983 à 1987, il fut président de la Fédération mondiale des associations des NU.

Davidson Nicol rédigea plusieurs ouvrages sur l’Afrique et les Nations Unies. Il écrivit également des nouvelles et des poèmes sous le nom de Abioseh Nicol.


Chef S. O. Adebo (Nigeria)

1969 - 1972

Simeon Olaosebikan Adebo (1914-1994) fut nommé Secrétaire Général Adjoint des NU et Directeur Général de l'UNITAR en 1969. Il resta à ce poste jusqu’en 1972. Né dans la région de l’ouest du Nigéria, il devint un Okanlomo (Chef) du peuple Yoruba. Après avoir obtenu un diplôme en droit de l’Université de Londres et réussi l’examen du barreau , il continua sa carrière au ministère nigérian des Finances et de la Trésorerie. Puis en 1961, il prit la tête du service civil et devint le secrétaire principal du gouvernement du Nigéria de l’ouest.

En 1962, le Chef Adebo fut nommé à New York pour représenter son pays aux Nations Unies. Après avoir servi comme Ambassadeur, il fut nommé à la tête de l’UNITAR en 1969. En tant que Directeur Général et membre de plusieurs associations, il fut activement impliqué dans plusieurs activités focalisées sur la promotion des valeurs démocratiques et l’amélioration de l’efficacité des politiques de développement.

Dès son retour à son pays d’origine, il dirigea plusieurs compagnies privées ainsi que la Commission Nationales des Universités et l’Institut National d’Etudes Politiques et Stratégiques. Il fut également le président de l’Université Obafemi Awolowo et, huit ans plus tard, de l’Université de Lagos.


M. Gabriel d’Arboussier (Sénégal)

1965 - 1967

Né au Soudan, fils d’un gouverneur français et descendant d’une famille africaine influente, Gabriel D’Arboussier vécut dans plusieurs pays africains et de la région du pacifique qui faisaient partie de l’empire français. Après avoir étudié le droit en France, il prit une part active à la vie politique sur le continent africain en tant que membre de plusieurs parlements, fonctionnaire et diplomate après l’indépendance du Sénégal en 1960.

Élu à l’Assemblée Nationale Constitutionnelle après la seconde guerre mondiale, il contribua à l’adoption de plusieurs lois qui avaient pour objectif d’introduire plus d’égalité de droit pour les populations indigènes des territoires dépendants de la France. Désigné plus tard comme Vice-Président de l’Union française, il insista pour renforcer le pouvoir des assemblées locales et il soutint une politique de promotion du développement social et économique dans les territoires de l’Union.

Gabriel D’Arboussier fut Secrétaire Général du Rassemblement Démocratique Africain depuis ses débuts. Il essaya de favoriser plus d’autonomie des territoires de la métropole avec une recherche d’une unité africaine basée sur le principe du fédéralisme. En 1958, Gabriel D’Arboussier devint Vice-Président puis, Président du Grand Conseil Français pour l’Afrique de l’Ouest où il a continué à promouvoir la solidarité africaine.

En 1960, il fut nommé ministre de la Justice du nouvel Éta t indépendant du Sénégal et, deux ans plus tard, il devint Ambassadeur du Sénégal auprès de la France. En 1965, Gabriel D’Arboussier fut nommé Directeur Général de l’UNITAR, qui venait juste d’être créé, et occupa cette position jusqu’en 1967.