«Pour pouvoir identifier les domaines où la coopération internationale est nécessaire, la gouvernance en matière de migration mondiale doit s'appuyer sur des capacités de recherche destinés à l'analyse de l'évolution des phénomènes migratoires en tant que tels, mais aussi à l'analyse de ces phénomènes dans leurs contextes politique et institutionnel. Or, jusqu'à présent, aucune des grandes institutions qui étudient les migrations n'a encore pu consacrer de ressources suffisantes à ces recherches.»

Tiré A. Betts, Global Migration Governance (Oxford U., janvier 2011)

migrants

CONTEXTE

La mobilité humaine mondiale, ou les migrations internationales, bien qu'elles ne représentent pas un phénomène nouveau en soi, ont retenu une attention croissante depuis le milieu des années 80. Cela est dû à une combinaison de plusieurs facteurs: l'accroissement (absolu) du nombre de migrants, le contexte dans lequel ils s'intègrent dans les pays de destination, des signes de flux de migration "mixtes" devenus plus tangibles, la circularité des flux et leur interaction avec d'autres mouvements transnationaux, ainsi que la reconnaissance du potentiel de développement que représentent les migrants, pour leur pays de destination comme pour leur pays d'origine.

PROGRAMME DE MOBILITE HUMAINE

C'est depuis la fin des années 90 que l'UNITAR apporte son soutien aux gouvernements et à d'autres parties prenantes s'intéressant à la mobilité humaine: fer de lance du Programme international relatif à la politique des migrations (PIPM) de 1998 à 2003, l'Institut a ensuite rejoint le Secrétariat de la Commission mondiale sur les migrations internationales (CMMI), de 2004 à 2005. Membre du Groupe mondial sur la migration (GMG) depuis 2007, l'UNITAR est largement reconnu pour avoir redonné de la vitalité à ce dernier lors de sa présidence en 2009.

S'appuyant ce rôle de chef de file dans les domaines de la facilitation du dialogue et de la formation sur le thème des migrations internationales, que ce soit sur le terrain ou au sein du système des Nations Unies, l'UNITAR a créé son Programme sur la mobilité humaine (PMH) en novembre 2011.

Le rôle du PMH est de coordonner, de développer et de proposer à des représentants du pouvoir public, que ce soit au niveau national, régional ou municipal, des activités de renforcement des capacités toujours renouvelées, qu'il s'agisse de formations en ligne ou d'événements en présentiel.

 

Les activités du PMH s'articulent selon 3 axes principaux : 

1. Renforcement de la gouvernance locale

En 1950, les personnes des pays en développement vivant en milieu urbain étaient 309 millions; vers 2030, elles seront 3.9 milliards. Alors que les politiques migratoires imprègnent les considérations en matière de gouvernance dans tous les pays, il en va de même avec la reconnaissance accrue du rôle fondamental que jouent les autorités locales et régionales dans les réponses qu’elles apportent face aux défis majeurs posés par les phénomènes migratoires: l'intégration ("cohésion sociale"), la réintégration, l'accès aux services de base, l'éducation, la santé, les groupes de mobilisation de la diaspora, etc. 
 

La Plateforme d'apprentissage de l'UNITAR sur la mobilité humaine


City_of_Antwerp_logoEn 2012, l'UNITAR et la ville d'Anvers se sont associés pour développer la première plateforme mondiale dédiée à la formation des autorités locales et régionales sur les phénomènes migratoires et la mobilité humaine. Supervisée depuis Anvers et suivant des approches éducatives diversifiées, la Plateforme sur la mobilité humaine sera dédiée au renforcement des capacités dans le domaine de la mobilité sous tous ses aspects, et s'adressera en particulier aux autorités régionales et locales.

 

Elaborée à partir de l'expertise de responsables de communautés locales, de personnalités du monde académique, de représentants de la société civile, de décideurs politiques et d'experts des organisations internationales, la Plateforme d'apprentissage emprunte sa méthodologie au Programme de développement local de l'UNITAR qui, depuis 2002, collabore avec les autorités locales pour développer une croissance urbaine durable. Une des méthodes utilisées, nommée "CityShare" , repose, d'une part, sur un échange réel animé par des facilitateurs professionnels et misant sur la complémentarité des domaines de compétence des participants et, d'autre part, sur un soutien opérationnel (institutionnel) et la mise en place d'un suivi dans le cadre de projets de jumelage. 

Une première Réunion d'experts a eu lieu à Anvers du 9 au 10 juillet 2012 http://www.unitar.org/diversity-cities-first-expert-meeting-human-mobility , afin de valider l'orientation de la Plateforme et les programmes de cours. (Le document final, en anglais, issu de cette réunion: PDF, 118.5 KB)

En 2013, pas moins de sept activités en présentiel seront mises en place lors de la première phase opérationnelle de la Plateforme (sept.2012-déc.2013). Cette phase sera suivie de peu par une formation en ligne, qui servira essentiellement à rafraîchir et évaluer les connaissances acquises au préalable par les participants.


Expert meeting blurb

La Plateforme d'apprentissage
recouvre les thèmes suivants:

•    Cohésion sociale et adaptation
au changement
•    Promotion du développement
économique et de l'entreprenariat
•    Education et actions en faveur
de l'épanouissement des jeunes
•    Urbanisation et environnement
•    Accès aux services publics,
y compris les services de santé
•    Sécurité humaine

Le déploiement de la Plateforme d'apprentissage correspond aussi à un moment où la ville d'Anvers s'apprête à inaugurer, en mai 2013, un musée à forte valeur historique, le Red Star Line.  La Plateforme tendra à explorer le rôle joué par les musées et autres sites culturels pour améliorer notre compréhension de l'impact de la mobilité humaine sur nos sociétés, et pour promouvoir des politiques judicieuses.

Travail au sein du réseau CIFAL de l'UNITAR
L'UNITAR s'appuie également sur son réseau, bien établi, de Centres internationaux de formation des acteurs locaux (CIFAL) pour intégrer les questions de migration dans les activités de formation des pouvoirs publics municipaux ou régionaux. Les centres CIFAL forment un réseau mettant à disposition des autorités municipales et régionales les moyens nécessaires pour le renforcement des capacités dans tous les domaines relatifs à "l'accès aux services de base", ainsi que pour la recherche de solutions de gouvernance locale face à des défis mondiaux.

En 2008 à Atlanta (Etats-Unis), lors d'un rassemblement des 9 centres CIFAL, la majorité des participants avaient identifié les questions migratoires comme un sujet prioritaire pour les années à venir. Les maires de plusieurs villes hébergeant un centre CIFAL et endossant le rôle de représentants officiels du gouvernement auprès de leur centres respectifs, avaient aussi mis l'accent sur la nécessité de fournir aux autorités locales un soutien dans ce domaine en termes de renforcement des capacités.

C'est dans ce contexte que l'UNITAR et le centre CIFAL de Jeju, en Corée du Sud, ont mis en place en 2012 une série de séminaires sur la lutte contre le trafic d'humains, à l'intention des autorités régionales d'Asie du Sud. Si la plupart des pays de la région ont déjà développé des Plans d'action nationaux pour contrer le trafic d'humains, c'est dans la phase de concrétisation de ces plans que l'UNITAR entre en jeu, en facilitant le passage du concept à l'action.

Financée par l'Agence coréenne internationale de développement (KOICA), le séminaire intensif de deux semaines qui s'est déroulé en juin 2012 comprenait une semaine de cours donnés par des experts de la sécurité humaine sur les stratégies de prévention et de protection et sur les actions de poursuite judiciaire possibles, ainsi que sur le Rapport TIP du Ministère des affaires étrangères de Etats-Unis, et une semaine consacrée à la fois à des visites de sites, tels que la zone démilitarisée, et à la fois à des échanges d'expériences et de connaissances entre pairs.  en savoir plus.   CifalJejuJITC_logo

 

Un séminaire organisé en mars et visant le même public, mais portant essentiellement sur des questions de protection des individus, avait permis d'atteindre les résultats suivants:

 •   Réseautage utile: grâce aux contacts établis lors d'une formation avec des membres du personnel de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés(UNHCR) et de l'Organisation internationale pour les migrations(OIM) disposés à apporter leur aide, une femme travaillant pour une ONG philippine a obtenu des réponses à ses interrogations au sujet du cas d'un jeune garçon ayant fait l'objet d'un trafic et vraisemblablement aussi réfugié.

 •   Etablissement d'une base de données de collaborateurs: la maire d'une ville indienne a créé un réseau d’ "amis" sur Facebook réunissant des personnes ayant participé à un séminaire avec elle, indiquant que la formation lui avait permis de se sentir soutenue et moins isolée dans ses efforts de lutte contre le trafic d'humains dans sa ville.

 •   Création d'opportunités pour renforcer sa résistance émotionnelle: une participante indonésienne, effondrée, a été réconfortée par ses pairs alors qu'elle décrivait la mort d'une jeune victime de trafic qui avait contracté le HIV/SIDA.

 •   Articulation des besoins et développement de formations par essaimage: un juriste pakistanais a demandé au centre CIFAL de Jeju d'organiser des formations sur le trafic d'humains à l'intention des services paralégaux, ceci afin de prévenir les méprises et les erreurs dans la conduite de poursuites légales des trafiquants.

•   Apport confirmé de connaissances et d'informations utiles: alors que les Nations Unies conviaient à l'Assemblée Générale un groupe d'expertssur le trafic humain (le 3 avril 2012), les participants à un séminaire ayant eu lieu plusieurs semaines auparavant disposaient, grâce à cette formation, de toutes les informations nécessaires pour suivre les débats internationaux sur le sujet et pour rester à l'écoute des tendances naissant en dehors de leurs régions respectives.

Les formations données par les Centres CIFAL pourront, si cela se révèle utile, être mises en place en collaboration avec des centres de formation régionaux appropriés, à l'exemple du Centre de renforcement des capacités de l'OIM pour l'Afriqueà Moshi, en Tanzanie, du Centre de l'OIM en Corée du Sud pour la formation et la recherche sur les migrations, ou de l'Observatoire ACP sur les migrations, à Bruxelles, Belgique.

 

2. Facilitation du dialogue politique

L'UNITAR est l'organisateur d'une série de séminaires sur la Migration et le développement, qui se déroulent au siège des Nations Unies à New York. Depuis le premier Dialogue de haut niveau (DHN) de l'Assemblée générale sur les migrations internationales et le développement en 2006, cette série à permis de fournir des informations, de dispenser des connaissances et de faire avancer, au sein de la communauté diplomatique à New York, la réflexion politique et le dialogue sur des thèmes liés aux phénomènes de migration. De plus, en centrant le débat sur des thèmes en lien avec le deuxième DHNde septembre 2013, et en servant d'appui au travail du Forum intergouvernemental mondial sur les migrations et le développement(FIMMD), la série continue chaque année, au siège des Nations Unies à New York, de représenter une réunion incontournable pour des centaines de décideurs politiques, de professionnels, de personnalités du monde académique et de membres de la société civile. La série est organisée conjointement avec l'OIM et le Fonds des Nations Unies pour la Population(UNFPA), avec le soutien de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur.

Le fait de régionaliser ce type de dialogue va dans le sens de la tendance dominante vers un investissement plus important de la part d'institutions financières régionales ou d'organisations régionales dans le domaine. Sur demande, le Programme sur la mobilité humaine de l'UNITAR pourra étendre son activité en opérant en d'autres lieux-clés du monde où peuvent se tenir des commissions régionales, en travaillant en étroite ligne avec ce qui se fait dans le contexte du Groupe mondial sur la migration et en s'appuyant sur les mécanismes de coopération dans le domaine des migrations régionales, tels que les processus consultatifs régionauxou les forums interrégionaux.

 

3. Renforcement des connaissances et des capacités

L'UNITAR élabore un catalogue complet de formations en ligne sur les phénomènes de migration et sur la mobilité, qui viendra compléter l'offre générale en e-Learningque propose déjà l'Institut et qui constitue l'une des palettes les plus variées et accessibles de formations en ligne proposée par les Nations Unies. Les formations de l'UNITAR sur la migration intégreront une approche qui a fait ses preuves, celle adoptée pour le cours annuel sur le " Droit international de la migration", une formation dispensée à 250 délégués aux Nations Unies depuis 2007. 

Par ailleurs, l'UNITAR va poursuivre la mise en œuvre de l'initiative des Nations Unies "Unis dans l'action", en l'appliquant au domaine du renforcement des capacités sur les questions migratoires. L'Institut a en effet étudié la possibilité d'établir une plateforme interactive bidirectionnelle à l'intention des partenaires du GMG, afin de mieux déterminer leurs besoins en formation et de pouvoir leur offrir des services de formation adéquats. La plateforme prendra pour modèle la plateforme UN CC:Learn, dont 22 agences sont membres et dont l'UNITAR assume le Secrétariat, et qui sert de support aux processus de formation lancés par différents pays en matière de changement climatique.